Un réflex, pourquoi, comment

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Juste avant d’entrer dans le vif du sujet, permets moi de te rappeler quelques éléments importants :

Ce n’est pas l’appareil qui fait de belles photos, c’est le photographe. Si c’était aussi facile, tu penses bien qu’on aurait tous un Canon 5D ou un Nikon D5. Or, je connais des possesseurs de compact qui font des photos bien meilleures que beaucoup d’utilisateurs de reflex.

Un compact ça ne fait pas de belles photos. Ben si. Au contraire même. Sur une photo de groupe ou de paysage, avec un compact tout le monde est net, alors qu’avec un reflex ou un hybride, tout dépend de l’objectif. Et si tu aimes photographier les insectes qui butinent des fleurs, tu auras de très beaux résultats avec n’importe quel compact. Alors qu’avec un reflex, cela suppose d’investir dans un objectif dédié à la macrophotographie (et c’est au minimum 400 € un bon objectif macro…).

Mais admettons que tu veuilles quand même acheter un reflex.

Quelque soit la marque, il y a 3 gammes:

– une gamme « amateur » (Nikon D5000, Canon 600D, Olympus E420 ou E520, Sony Alpha 450…)

– une gamme « expert » (Canon 80D, Nikon D800, Olympus E30, Pentax K7…)

– une gamme « professionnelle » (Canon 5D, Nikon D5, etc…)

Les 3 gammes comportent d’excellents appareils. La principale différence entre un entrée de gamme et un appareil de pro tient dans la taille du capteur, la vitesse de prise de vue en rafale, la sensibilié en faible lumière et la composition du boitier, à savoir s’il résiste plus ou moins à l’humidité. Il y a aussi pas mal de différences dans les fonctionnalités, avec des modes plus assistés pour les modèles amateurs. Le poids est aussi très différent et varie du simple au double entre un reflex « amateur » et un modèle plus « pro ».

Il faut trouver celui qui est adapté à ton budget, à tes connaissances et surtout à ta pratique de la photo. En résumé: va pas t’acheter un Nikon D3, c’est pas parce que tu as le budget que tu sauras t’en servir.

Mais voyons plus en détails les principales différences entre un compact/ou un bridge et un reflex (et hybrides).

– les objectifs interchangeables. Je commence par le plus évident. Avec un compact tu peux tout photographier: de l’anse de ta tasse à café jusqu’au coq sur le clocher de l’église. Les hybrides et les reflex eux, sont vendus avec un objectif qui couvre une certaine distance. Pour shématiser, si tu pars en vacances à la campagne avec un reflex, il te faudra prévoir un objectif pour l’abeille qui butine la fleur, un pour prendre en photo la vue du village depuis la colline voisine et un pour prendre tonton Bernard sur son tracteur. (Je shématise, j’ai dit) Par rapport à un compact ou un brige, il y a donc une énorme différence en terme de quantité de matériel à trimballer (tu te retrouves vite avec un sac qui pèse très lourd, entre le boitier, les objectifs, le flash, le pied etc..). Et de budget. Parce que comme c’est la qualité de l’objectif qui fait la qualité de la photo, tu vas vite de retrouver à chercher frénétiquement sur ebay des objectifs qui valent 3 fois le prix de ton boitier.

la taille du capteur: il varie de 36×24 mm (comme les pellicules, et oui) pour les reflex professionnels contre 5,76×4,29mm  pour les plus petits compacts. Je te passe les détails techniques complexes mais rien qu’à voir la différence de taille ça parait assez évident que plus le capteur est grand, meilleure est la qualité de l’image.

le format des images: (prend un café ça va être long)

Lorsque le capteur enregistre une photo, ce sont en fait des micros capteurs (photosites) qui laissent passer la lumière et les fréquences de couleurs et permettent ainsi de restituer ce qu’on prend en photo. L' »image » qui en découle n’est pas vraiment exploitable, aussi les APN intègre un micro logiciel chargé de transformer cette image en une photo exploitable par un ordinateur. C’est pourquoi les photos numériques sont au format .jpg ou « jpeg ».

Le problème du « jpeg » c’est que lorsqu’on fait des retouches de contraste ou de couleur avec un logiciel comme photoshop ou gimp, on modifie et parfois on détruit les pixels. Et forcément la photo perd en qualité. Pour éviter cela, les APN destinés aux amateurs éclairés et au professionnels permettent de récupérer l’image brut de décoffrage, non traitée par le micro logiciel de l’APN. C’est ce qu’on appelle le RAW, une sorte de négatif numérique en quelques sortes, qui va pouvoir être retraité sans détérioration.

La plupart des compacts et des bridges ne proposent pas les  RAW. Alors que les reflex, oui. Donc si tu veux faire des retouches poussées du genre te faire perdre 10 kg sur les photos de vacances, hésite pas, prends un appareil qui pourra te restituer les RAW.

Comment choisir son compact (ou son bridge)?

Maintenant que tu sais vers quel type d’appareil tu vas t’orienter, il va falloir se décider sur le modèle.

On va s’occuper déjà des compacts et des bridges, on verra la semaine prochaine pour les reflex et les hybrides.

Depuis que le plus basique des compacts propose une résolution de 10 mpx, tant que tu ne comptes pas imprimer tes photos en 4 par 3, le nombre de mégapixels n’est plus un critère de choix.
Pour te faire une idée, voici de combien de mégapixels tu as vraiment besoin:

– Pour afficher une photo sur un écran d’ordinateur : maxi 1,8 MP
– Pour imprimer une photo 10×15 (taille d’une carte postale): 2 MP
– Pour imprimer une photo de taille A4 (21×29,7cm): 6 MP
– Pour imprimer une photo de taille A3 (double page d’un magazine) :10 MP

Ce qui compte en fait c’est l’objectif. Et là, ça va dépendre de ce que tu veux photographier.

Si tu veux photographier un paysage ou un groupe de personne (genre photo de classe), tu prends un grand angle (15-35mm)

Si tu veux pouvoir photographier l’oiseau sur l’arbre loin là bas, il te faut un zoom ( à partir de 90/100 mm, ou 5x, 10x, etc).

Pas mal de compacts cumulent les deux, de même que les bridges.

Remarque sur les zooms pour les compacts (et les bridges): tu vas te retrouver devant un choix cornélien OPTIQUE ou NUMERIQUE. Optique, cela signifie que c’est grâce un astucieux jeux de lentilles superposées les unes aux autres à l’intérieur de ton objectif que tu vas pouvoir immortaliser un truc très loin. Le grossissement est mécanique, la qualité d »image est normalement excellente. Sauf si tu bouges en déclenchant.

Numérique, cela signifie que ton appareil va grossir chaque point de l’image artificiellement. Et ainsi agrandir le truc très loin que tu veux photographier. Alors forcément il y a plus de chance que ta photo prise au zoom numérique présente un effet de pixellisation (« bruit »). En même temps, avec les nouveaux appareils proposant des stabilisateurs d »images et des zooms numériques de plus en plus précis, je ne suis pas vraiment sure que ce soit encore un critère déterminant.

Une dernière recommandation: si tu veux acheter ton APN par internet, je te conseille d’aller le voir « en vrai ». D »aller le tripoter, le soupeser, le triturer. Voir si sa taille te convient, si tu l’a bien en main, s’il y a un viseur ou seulement un écran, un écran orientable ou pas, des molettes faciles d’accès etc..

Et moi qu’est ce que j’ai comme appareil ?

Je ne souhaite pas citer de marque ici, car chacune a ses qualités et ses défauts. C’est un peu comme les voitures, t’as des gens qui achètent que des peugeots et d’autres que des renault. Et bien en photo c’est pareil, tu as des gens qui ne jure que par Nikon ou Canon ou Sony etc… mais ce n’est pas pour ça qu’une marque est meilleure que l’autre. 😉

Chacun choisi en fonction de ses besoins: écran orientable ou pas, menus tactile ou molette, (couleur du boitier, aussi pourquoi pas?) Souvent aussi on est habitué à une marque, on a essayé l’APN de son pote et on veut le même ou on profite d’une promo intéressante.

De toute façon quelque soit l’appareil on peut faire de belles photos. Ce n’est pas le matériel qui compte mais l’oeil du photographe 😉